top of page

Message Technique N° 12

  • 3 oct. 2025
  • 8 min de lecture

Au sommaire :


1.1 Désherbage

1.2 Anti graminées spécifique de septembre 

1.3 Insectes

1.4 En bio ou sans herbicide

4.1 Faux semis avant céréales d’automne

4.2 POINTS pour le faux-semis

4.3 Réalisation du faux semis


  1. Colza

Les colzas sont en cours de levée, allant du stade 4-6 feuilles pour les parcelles semées début août, au stade cotylédon pour les semis les plus tardifs.


1.1 Désherbage

Coquelicot

Gaillet

Geranium

Lamier pourpre

Le seuil de nuisibilité du lamier pourpre est atteint à partir de 10 plants au m². Chaque plante produisant 60 à 300 graines, dont la dormance au sol peut aisément atteindre 8 à 9 ans de viabilité.

Matricaire cam.

Mourron

Forme des tapis très denses sur les sols nus et cultivés. Des baisses de rendement peuvent alors rapidement être observées si elle n’est pas maitrisée

Myosotis

Véroniques

Les herbicides racinaires mentionnés ci-dessus peuvent être appliqués jusqu’au stade 3 feuilles du colza.

Les conditions actuelles, favorables à leur efficacité, permettent une bonne utilisation de ces produits.

Les programmes à base de péthoxamide nécessitent cependant un point de ruissellement et une zone non traitée (ZNT) de 20 mètres.

Malgré les indications du tableau ci-dessus, ces programmes n’ont quasi aucun effet sur le ray-grass et le vulpin, ni sur les repousses de céréales. Un traitement complémentaire est donc

indispensable pour maîtriser les graminées.

1.2 Anti graminées spécifique de septembre

Cette année encore beaucoup de repousses de céréales dans les parcelles de colza et déjà beaucoup de ray-gras.

Il est très important de maitriser ces plantes très concurrentielles pour le colza, et il sera nécessaire de faire un anti graminées spécifique, en colza associé ou non, les racinaires appliqués en prélevé étant insuffisant sur les graminées et repousses. Etant donné la pression et le démarrage rapide des adventices, il est conseillé d’intervenir en septembre.


Selon la dominance :

Dominance

Produit/Mat Active

Dosages

Remarques

repousse de

céréale

1.5l-3l

Très bon sur repousses, dose

mini possible sur repousse

repousse de

céréale

1l-2l

decroche fortement en Ray

gras, déconseillé si ray gras

ray grass

0,5l-1l

bon sur ray gras, moins sur

repousses

les deux

0,75l-2l

équilibre

Intervenir sur de jeunes adventices est un gage de réussite et permet de réduire les doses de produits appliquées. Ces herbicides étant foliaires, il est essentiel de les appliquer par temps sec, idéalement sans pluie prévue dans les 6 heures suivant le traitement. Cela garantit une meilleure absorption et une efficacité optimale.

1.3 Insectes

Hormis quelques attaques de punaises observées à proximité des anciens champs de colza mi-août, la situation

reste calme concernant les petites altises et les autres ravageurs.

Certaines cuvettes révèlent la présence d’adultes de tenthrèdes, avec quelques morsures visibles sur les feuilles.

Le temps perturbé et pluvieux actuel n’est pas favorable aux vols des ravageurs, mais la surveillance des parcelles

doit se poursuivre, notamment en raison du retour de conditions humides propices à l’activité des limaces.


Rappel : tout traitement contre les insectes d'automne du colza nécessite OBLIGATOIREMENT une autorisation à demander à la Station Phytosanitaire Cantonale au 078 670 20 58.


Une fois les semis de colza réalisés, pensez à positionner vos pièges à insectes dans vos parcelles.


Précautions à prendre pour la mise en place du piège :

  • Positionner ce dernier dans la parcelle à 10 m de la bordure la plus proche d’un champ de colza l’année dernière.

  • Préférer une zone ensoleillée à l’abri du vent.

  • Pour le piégeage de l’altise d’hiver, la cuvette sera enterrée au ras du sol (voir illustration ci-dessous).

  • La cuvette doit être remplie d’eau (1 litre environ) à laquelle on ajoutera un mouillant : quelques gouttes de liquide vaisselle.

  • Les pièges sont à contrôler régulièrement (au moins une fois par

semaine) si possible aux mêmes heures en fin de journée lorsque le soleil est encore présent.


Petite Altise :


Tenthrède :


Tenthrède adulte (ne cause pas de dégât)
Tenthrède adulte (ne cause pas de dégât)

1.4 En bio ou sans herbicide :

Le colza est une culture réservée aux parcelles aillant un historique de bonne gestion du salissement en adventices. Les solutions mécaniques sont souvent à double tranchant car le colza est une plante supportant mal les passages de herse. C’est une culture très sensible dans les premières semaines, et son rendement (voir sa survie) peut très vite être mis à mal par la présence d’adventices. Le réglage des outils de désherbage doit être fin et méthodique, adapté à chaque parcelle.

L’utilisation de plante associé peut permettre dans une certaine mesure de freiner le développement des mauvaises herbes, mais limitera également l’usage d’outil de désherbage car les plantes compagnes sont bien souvent elles aussi assez fragiles.

Plusieurs faux semis peuvent être réalisé avant l’implantation afin d’éliminé les repousses de la céréale précédente. Dans le cas d’une féverole ou d’un pois, les repousses peuvent être considérées comme des plantes compagnes, mais attention à leur densité ((max 10plt/m2). Il suffit, après le déchaumage, de désherber les repousses de légumineuses comme pendant leur culture, en ajustant l’agressivité de l’outil afin d’obtenir le bon nombre de plante par m2.

Pour résister aux insectes en bio, notamment ceux d’automne, il faut que les colzas soient fort et bien développés à leurs arrivées. Les plantes compagnes peuvent également les leurrer dans une certaine mesure (d’après nos essais, cela fonctionne sur les petites attaques d’altises, mais pas trop sur le charançon de la tige).





Nous vous rappelons que le colza en PER sans herbicide peut être conduit en désherbage sur le rang avec maximum 50% de la surface traitée et de la diminution d’autant de la dose herbicide. Cette technique est tout à fait possible en semant au monograine avec un passage de bineuse, mais difficile avec le colza associé…


Cette année beaucoup de salissement, surveillez vos parcelles. Dés fois un broyage à 8-10cm au-dessus du sol en automne peut permettre de faire repartir un colza sans herbicide/bio.







  1. Tournesol


2.1 Stade de récolte


Récoltez lorsque la majorité de la parcelle a atteint le stade optimal, caractérisé par :

  • Le dos du capitule passant du jaune au brun ;

  • Les feuilles toutes sénescentes ;

  • La tige se desséchant et évoluant du vert au beige clair ;

  • Les graines présentant un taux d’humidité compris entre 9 et 11 %.


À éviter :

Attendre la sur-maturité (plantes entièrement desséchées et noires) expose à des risques accrus de pertes (attaques d’oiseaux, développement de Botrytis). Récoltez sans tarder dès que les critères optimaux sont atteints.


Conseil pratique :

Avant de débuter la récolte, vérifiez systématiquement l’humidité des graines pour éviter les surprises



  1. Soja


3.1 Récolte à maturité

Critères de maturité :

Les graines sont libres dans les gousses, sphériques, peu rayables à l’ongle, et leur taux d’humidité est compris entre 14 et 16 % ;

La majorité des feuilles sont tombées.


Recommandations :

Récoltez dès que la maturité est atteinte pour éviter les pertes de graines et la dégradation de la qualité en cas de réhumidification.

Le soja, culture de printemps, résiste bien tant que la maturité n’est pas atteinte. Adaptez la date de récolte en fonction des conditions météo et de l’avancement de la culture.

Attention : La récolte n’est pas possible si l’humidité dépasse 20 %. Une fois récolté, livrez rapidement : les graines se conservent mal au-delà de 14 % d’humidité.


Points clés à retenir :

Tournesol : Évitez la sur-maturité pour limiter les pertes.

Soja : Récoltez à maturité optimale (14-16 % d’humidité) et livrez rapidement.

En cas de champ de soja très sale

L’andainage et la reprise d’andain par un pick-up peut être une solution pour récolter les soja trop immature ou bien trop sale (les adventices sècheront sur l’andin ce qui permettra leur élimination au battage).



  1. Céréales/ semis d’automne

Pour les parcelles aillant eu des problèmes d’ergot, pas deux céréales de suite (blé-orge) et maitrise TOTALE des désherbages anti graminées dans les cultures suivant le blé.


4.1 Faux semis avant céréales d’automne

(source dossier « Les 10 commandements de la gestion du ray-grass ARVALIS BRETAGNE »)

De la même façon que le labour, le faux-semis cherche à diminuer le stock de graines de ray-grass viables dans le sol. Réaliser des faux-semis à la place du labour ou après un labour est intéressant pour faire lever un maximum de ray-grass présents en surface et les détruire avant l’implantation de la culture. C’est autant de ray-grass qui ne seront pas à gérer dans la culture.


Ce levier n’est pas mobilisable tous les ans. Pour ce qui concerne la région, il peut se faire entre deux cultures d’hiver ou bien entre une culture de printemps récoltés tôt (soja ou le tournesol) et une culture d’hiver.


Le faux-semis est efficace si l’adventice est dans une période préférentielle de levée, dans le cas contraire, ce levier perd en efficacité. Pour le ray-grass, étant donné que l’adventice lève toute l’année, ce levier est intéressant. Pour les cultures d’hiver, l’optimum est de réaliser au moins un faux-semis courant septembre au moment du démarrage du pic de levée des ray-grass.

4.2 TROIS POINTS de vigilance pour optimiser le faux-semis

  • Travailler le sol finement et superficiellement :

Plus le travail du sol sera fin et superficiel, plus la levée de ray-grass sera optimisée et la diminution de stock semencier importante.


  • Réaliser le dernier faux-semis au moins 3 semaines avant le semis :

Le faux-semis peut être contre-productif s’il est réalisé trop tardivement. Le risque est d’avoir une levée des ray-grass en même temps que la culture. Notamment si le faux semis est trop proche du semis ou lors de période trop sèche. La levée des adventices sera alors déclenchée avec le retour d’humidité qui peut parfois correspondre au semis ou levée de la culture.

Idéalement réaliser le dernier faux-semis 3 semaines avant le semis pour éviter ces problèmes et pouvoir détruire les levées avant le semis.

Le décalage de la date de semis prend tout son sens lorsqu’on l’associe au faux-semis. Un décalage de 10-15 jours permet de réaliser un faux-semis supplémentaire plus tardivement et dans la période propice à la levée des ray-grass.


  • Profondeur du faux-semis

Bien entendu, à partir du moment où l’on commence un faux-semis, il est intéressant d’éviter d’effectuer un travail du sol plus profond entre le faux-semis et le semis au risque de remonter des graines d’adventices viables.


4.3 Réalisation du faux semis

1) Réaliser le faux semis 4 à 8 semaines avant le semis ou la plantation, dans des conditions optimales de levée des adventices.

  • Travailler à une profondeur de 3 à 5 cm. Commencer par le passage le plus profond, puis travailler de manière de plus en plus superficielle pour éviter de faire remonter des graines en surface.

  • Simuler les conditions d’un semis réel : Assurer un sol humide et une terre fine pour favoriser la levée des graines d’adventices. Éviter de dessécher la terre lors du déchaumage (utiliser un rouleau si nécessaire).

Veiller à ce que les graines soient en bon contact avec la terre : plus la terre est fine, plus le taux de germination sera élevé (sous réserve de conditions météo favorables).

2) Laisser les adventices germer naturellement.

3) Destruction mécanique

Utiliser la herse (étrille) pour détruire les adventices, en répétant l’opération à des intervalles de 8 à 15 jours (chaque passage stimule la germination de nouvelles graines d’adventices). La herse étrille est un outil adapté pour un travail superficiel, qui ne fait pas remonter les graines et limite le tassement du sol. Elle permet un travail rapide et efficace. Prévoir une demi-journée sans pluie après le passage de la herse pour permettre aux adventices de bien sécher. Éviter les excès de passages qui entraînent une minéralisation excessive et un affinement trop important de la terre, réduisant la présence de mottes.


Après la destruction du faux semis, éviter de retravailler le sol en profondeur (maximum 3 cm) pour ne pas faire remonter de graines en surface.


Semis rapide : Semer le plus tôt possible après le dernier hersage, sauf si une intervention en prélevée est prévue. Dans ce cas, semer 5 à 8 jours après le dernier hersage, mais avant la levée des adventices.




Nous restons à votre disposition pour toutes questions ou remarques.

Si vous avez des doutes ou besoin de conseils pour la mise en oeuvre des pratiques décrites dans ce message technique, nous nous ferons un plaisir de vous accompagner.


Jacques Wurtz

079 776 62 56


Aurélien Bouchet

079 366 32 59


 
 
 

Commentaires


bottom of page