Message Technique N° 11
- 4 sept. 2025
- 8 min de lecture
Dernière mise à jour : 17 sept. 2025
Au sommaire :
1.6 Colza associé
1.7 Densité de semis

Semis de colza
Les conditions ne sont pas favorables au semis de colza. Les sols sont trop secs, et les températures actuelles dessèchent les horizons très rapidement.
Au semis veillez à :
- Un bon rappuie du sol (éviter l’évaporation du sol)
- Visée une densité de 500.000 grains/ha soit 50 grains /m2, c’est-à-dire une dose de 1,5 millions de grains pour 3ha.
- Une levée homogène, pour répartir les attaques d’insectes (condition d’humidité du sol partout présente, éviter les parcelles trop petites et isolées)
1.1 Les 5 POINTS pour la réussite d’un colza :
Le semis du colza dépend de l’humidité de son sol. Pas de semis avant une pluie pour éviter la battance, mais après, dés que les conditions de retour seront bonnes.
Pas de colza associé en présence de géranium (uniquement lutte chimique en pré-levé)
Un bon état structural, sans semelle ou zone de tassement. Semer sur un sol finement préparé et sans paille dans la ligne de semis.
Semer entre 1 et 3 cm de profondeur, respecter la densité (on sème des grains/m²)
Mélanger de l’anti-limace aux semences de colza contre les petites limaces dans la ligne de semis si nécessaire.
1.2 Clés de réussite en EXTENSO
Pour résister aux insectes et tenter l’extenso :
Faire des colzas robustes déjà bien implantés avant l’arrivée des altises début septembre, et avec de grosses tiges à l’arrivée des charançons de la tige.
Un engrais starter (20-30 unités d’N et 40-50 unités de P) au semis ou en début de cycle peut aider dans les situations à faible reliquat (derrière céréales notamment). Attention aux besoins en potasse de 200 unités.
Les plantes compagnes perturbent et diminuent la pression altises (petites et grosses).
Choisir des variétés à la floraison précoce pour faire face aux méligèthes au printemps (différence de 10-15 jours entre les floraisons précoces et tardives, soit entre 1 et 2 traitements insecticides en cas de forte pression…).
1.3 Un colza associé sans encombre c’est :
Semer tôt, si possible vers le 15 août, même avant si les conditions sont là.
Pas de prélevé (interdit dans la mesure cantonale).
Gestion des graminées : un faux semis (si les conditions le permettent), un antigraminées spécifique en septembre contre les repousses de céréales (très concurrentiel du colza) et une propyzamide en novembre (sol à 10°C).
Gestion des plantes compagnes au printemps : vérifier systématiquement l’effet du gel sur les plantes compagnes. Rattrapage possible en sortie d’hiver (clopyralid) pour finir le travail du froid. Plus une plante compagne est développée en entrée d’hiver, plus elle sera sensible au froid, d’où l’idée de semer tôt
1.4 Programme désherbage préconisé sur le canton de Genève (FT désherbage chimique colza 6.3.3 ) :

Traitement prélevé uniquement Colza NON associé sur sol humide ou juste avent une pluie :
CLOMAZONE + NAPROPAMIDE ( DEVRINOL TOP) 3l/ha : bon en géranium.
OU
DIMETHENAMIDE + QUINMERAC + CLOMAZONE (Tanaris/Solanis /Zeppelin 1,5l+ Clomastar/Capone 0,25l ) efficacité insuffisante sur Vulpin
Traitement rattrapage Anti graminée Foliaire en septembre si nécessaire. Le colza n’apprécie pas la présence de repousses de céréales, qui lui font une forte concurrence !
Traitement début Novembre, sol à 10°C :
PROPYZAMIDE (Kerb Flo, Granat, Nizo, Proper Flo,…) 1,5l à 1,8l
Très bon complément anti-graminée.
Pour lutter contre l’ergot, le désherbage anti graminées sur le colza est essentiel et doit être rigoureux, aucune graminée ne doit être présente au printemps.
En bio ou sans herbicide...
..Le colza est une culture réservée aux parcelles ayant un historique de bonne gestion du salissement en adventices. Les solutions mécaniques sont souvent à double tranchant, car le colza est une plante supportant mal les passages de herse.
C’est une culture très sensible dans les premières semaines, et son rendement (voire sa survie) peut très vite être mis à mal par la présence d’adventices. Le réglage des outils de désherbage doit être fin et méthodique, adapté à chaque parcelle.
L’utilisation de plantes associées peut permettre, dans une certaine mesure, de freiner le développement des mauvaises herbes, mais limitera également l’usage d’outils de désherbage, car les plantes compagnes sont bien souvent elles aussi assez fragiles.
Plusieurs faux-semis peuvent être réalisés avant l’implantation afin d’éliminer les repousses de la céréale précédente. Dans le cas d’une féverole ou d’un pois, les repousses peuvent être considérées comme des plantes compagnes, mais attention à leur densité (max 10 plt/m²). Il suffit, après le déchaumage, de désherber les repousses de légumineuses comme pendant leur culture, en ajustant l’agressivité de l’outil afin d’obtenir le bon nombre de plantes par m².
Pour résister aux insectes en bio, notamment ceux d’automne, il faut que les colzas soient forts et bien développés à leur arrivée. Les plantes compagnes peuvent également les leurrer dans une certaine mesure (d’après nos essais, cela fonctionne sur les petites attaques d’altises, mais pas trop sur le charançon de la tige).


Nous vous rappelons que le colza en PER sans herbicide peut être conduit en désherbage sur le rang avec maximum 50% de la surface traitée et de la diminution d’autant de la dose herbicide. Cette technique est tout à fait possible en semant au monograine avec un passage de bineuse, mais difficile avec le colza associé…
1.5. Punaises des céréales
Certains d’entre vous auront sans doute remarqué la présence plus ou moins importante de petites punaises. Elles sortent des anciens champs de colza pour coloniser les cours et jardins, voire les maisons d’habitation. Il y en a beaucoup cette année. Tant qu’il ne pleut pas, leur présence ne faiblira pas. Elles sont très petites, de la taille d’une fourmi, s’activent aux heures chaudes, ne volent pas et avancent en ligne sur des fronts de plusieurs centaines de mètres. Elles sont gênantes mais inoffensives pour l’homme.
En revanche, elles piquent les jeunes colzas, qui ne tardent pas à mourir desséchés. Il faut donc faire très attention lors des implantations de colza à proximité d’une parcelle de colza de la récolte passée. Des attaques ont déjà été répertoriées dans le canton cette année. Le retour des pluies calmera les insectes. Aucun traitement n’est homologué ni même efficace.


1.6 Colza associé
La mesure cantonale à la parcelle sur les colzas associés est reconduite.
MC C1 colza associé, conditions :
Semis d'un mélange d'espèces de plantes compagnes (mélange spécifique au colza, exemple : "Mélange colza associé gélif AgriGenève")
Semis du mélange d'espèces de plantes compagnes au même moment que le semis de colza
Tout traitement herbicide de pré-levée (uniquement) pour la culture de colza est interdit
L’inscription est à la parcelle (dans les 20 jours suivant le semis)
La mesure n'est pas cumulable avec le projet paysage
Tarif : CHF 400.-/ha/an
Eligibilité : exploitations PER et BIO
Le colza associé, en dehors de l’aspect financier, permet dans une certaine mesure de perturber les insectes prédateurs (notamment les altises petites et grandes), de limité la prolifération de mauvaises herbes, et un léger gain en azote. Les techniciens Agrivulg sont là pour vous conseiller en cas de questionnement technique.
Ci-dessous les liens vers les fiches techniques :
FT 6.1.5 Colza associé Agridea
FT Colza associé bio (plus complet)
Fiche Agrigeneve colza associé
1.7 Densité de semi

Gestion des vivaces
L’après moisson peut être l’occasion de gérer les vivaces dans les parcelles infestées. Pour le liseron, le chardon et les rumex, il faut les laisser pousser suffisamment avant de les traiter avec du glyphosate (conseillé d’additionner de l’hormone type 2.4D ou dicamba, mais jamais avant colza), quand les adventices auront suffisamment de surface foliaire. En cas d’utilisation de glyphosate combiné à du 2.4D ou de Dicamba (les hormones sont très efficaces sur les vivaces), attention à la rémanence pour vos couverts sur les légumineuses notamment.
Extrait agridea 20.49

Respecter le délai d’attente traitement-travail du sol-semis (minimum 10j voir plus selon dosage).
Pas de traitement avec du 2.4D ou Dicamba AVANT UN COLZA
Semis de luzerne
La luzerne est une plante très bénéfique dans une rotation. Elle apporte un grand nombre de bénéfice agronomique si elle est bien conduite et bien implanté. Le cout principal est la semence, il convient donc de soigner l’implantation.
Le choix de la parcelle :
La luzerne aime les sol drainant et aéré, et nécessite un pH supérieur à 6. Un apport de calcaire peut être bien valorisé, notamment ceux à action rapide. La luzerne aime les sols bien fournit en Potasse (K) dont elle exportera environ 30kg de K2O/tonne de matière sèche (soit entre 250 et 400 U par an en fonction de la récolte). En dehors de ces exigence importante dans le choix du lieu d’implantation, elle valorise bien les terres à faible potentiel.
La période du 15/08 au 10/09 est idéale à son implantation.
Les critères de choix variétal :
Le type : flamand ou méditerranéen (le type méditerranéen recommence à pousser 1 mois plus tôt au printemps, ce qui augmente au moins d’une coupe/an, mais elle est plus sensible au forte gelée hivernale, devenu très rare sur le canton)
La finesse des tiges. (Plus les tiges sont fines, plus le fourrage est de qualité et appétant, mais plus la plante sera sujette à la verse)
La teneur en matière protéïque
La résistance aux maladies
Le rendement
3.1 Durée d’implantation récolte et rendement
3 à 6 coupes par an pour une pérennité de 3 à 5 ans, Pour assurer la pérennité il est important de la laisser fleurir une fois par an. Il faut respecter un délai de retour de 5 à 7 ans. Elle a donc sa place dans une rotation.
La récolte se fait en vert, ensilage, enrubannage ou foin (le plus rémunéré et recherché, mais le plus difficile à faire). C’est une récolte « fragile », à manier avec beaucoup douceur, le but étant de conserver le maximum de feuilles pour préserver la valeur alimentaire.
Le rendement potentiel est de 8 à 13 T MS/ha/an. Le foin de luzerne peut dépasser les 300frs/t s’il a été récolté dans de bonne condition. De plus une mesure cantonale existe pour encourager sa culture.
3.2 Itinéraire technique
Préparation du sol : Elle doit être soigné, sur un sol drainant et non compacté mais rappuyé. Champ plat, sans trou ou ornière, afin de récolter un fourrage de qualité. La granulométrie doit être fine, sans grosse mottes.
Le semis : semis en plein au semoir à céréales, écartement de 12,5 à 20cm, à une faible profondeur de 1 à 2cm. Au-delà de 2cm le taux de levé diminue fortement. On cherchera à semer 25kg de semence/ha dans le cadre de semence non traité, dose qui augmentera de 10 à 15% pour les semences enrobées. La luzerne vie en symbiose avec une bactérie sur ces racines (comme le soja et le trèfle), il peut être opportun de l’inoculer pour une garantie d’implantation, même si théoriquement la bactérie en question est naturellement présente dans les sols européens.
Fertilisation : Pas besoin d’azote, la culture s’alimente grâce à sa symbiose racinaire et a ces nodulations. En revanche, un plan de fumure de fond est nécessaire.
* Si une impasse en phosphore (P) est envisageable sur sol bien fournit, on conseil l’apport de 50 à 100 U/ans pour les besoins de la culture.
* En potassium, les besoins sont élevés, et une fumure s’impose, de l’ordre 180 à 220U, à ajuster en fonction des potentiels de rendement.
* Le magnésium est également important au même titre que le souffre peuvent être apporter sous forme de Kisérite (50% SO3 et 25% MgO). Risque de carence en Bore et molybdène dans les sols peu fournis ou bloqués.
Nous restons à votre disposition pour toutes questions ou remarques.
Si vous avez des doutes ou besoin de conseils pour la mise en oeuvre des pratiques décrites dans ce message technique, nous nous ferons un plaisir de vous accompagner.
Jacques Wurtz
079 776 62 56
Aurélien Bouchet
079 366 32 59






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