Rappel technique sur la protéine dans le blé
- 15 juil.
- 3 min de lecture

Le taux de protéine du blé est directement lié à l’azote : les protéines sont issues des acides aminés, qui migrent des feuilles vers le grain. Ces acides aminés proviennent eux-mêmes de l’azote nitrique absorbé par les racines et stocké dans les parties aériennes de la plante.


2 leviers d’action principaux
1. La fertilisation azotée
Fractionnement : Privilégiez 3 voire 4 apports d’azote, idéalement avant des pluies, pour optimiser son absorption. Dans certain cas, l’inscription à la mesure 90% de la fumure azoté doit peut être être revu… Bannir également les stratégies à apport unique ou trop précoce (qui risque d’être lessivé et non valorisé).
Forme d’engrais : Les formes nitrique/ammoniacale sont à privilégier par rapport à l’urée, même protégée.
Rôle du soufre : Essentiel pour véhiculer l’azote dans la plante, mais attention : il est lessivable et peut déstocker le calcium.
Fertilité globale du sol : Un sol ne peut rendre que ce qu’on lui apporte. Les apports de matière organique, les fumures de fond et de calcaire, les couverts végétaux et l’allongement des rotations (notamment avec des légumineuses) améliorent le fonctionnement sol et favorisent une bonne santé des plantes.
2. Le choix variétal
Le choix variétal influe fortement sur la protéine, et le delta des variétés Suisse est de 4 points celons les variétés. Par exemple les classes TOP, naturellement riches en protéines (d’où leur appellation), sont des blés améliorants. Cependant, elles ne donnent pas les meilleurs rendements. Si vous disposez de 5 unités d’azote à répartir entre 5 ou 7 grains, chaque grain ne recevra pas la même part. Cela explique le phénomène de dilution de la protéine dans le rendement.

Une solution pourrait être de mélanger des variétés de même classe. Par exemple, dans nos essais 2026, Pianalto plafonne à 10,8 % de protéines, mais mélangé à 50 % avec Spontan (12,4 % de protéines), on atteint 11,8 % de protéines dans les échantillons moissonnés du mélange de ces 2 variétés.
Contexte 2026 : une année particulière
2026 est une année exceptionnellement basse en protéines, avec un taux inférieur d’au minimum un point à la moyenne des 5 dernières années. Malheureusement cette situation intervient au moment de la mise en place des contrôles dans les centres collecteurs et des nouveaux barèmes. Cependant, ce phénomène ne concerne pas que Geneve : il touche également d’autres cantons.
Cette baisse semble conjoncturelle, liée à une instabilité climatique extrême : alternance brutale entre précipitations intenses et sécheresse, ainsi que des amplitudes thermiques sans précédent en fin de cycle (passant de 10 °C à plus de 35 °C en 2 jours, puis retour à 10 °C). Or, le blé a besoin de stabilité pour exprimer son potentiel.
Une autre piste issue de nos essais 2026
Nos 3 essais sur la densité de semis de blé menés en 2026 révèlent une tendance nette : La surdensité réduit le taux de protéines, de manière progressive avec l’augmentation de la densité.
Les meilleurs taux de protéines sont obtenus autour de 300 grains/m², avec un nombre d’épis/m² identique à celui obtenu à 400 ou 500 grains/m², mais avec une majoration d’environ 1 point de protéines pour les densités aux alentours de 300 grains/m², sans perte de rendement.
Preuve que les blés suisses savent aussi taller… si on leur en donne l’occasion !

Prochaine étape
Nous ferons un point complet en septembre, lors de notre nouvelle séance de préconisations d’automne, où nous aborderons les sujets des semis, dates/densité/point variétés, désherbage d’automne et résultats des essais. La date vous sera communiquée prochainement par les réseaux habituels. Nous espérons vous y retrouver nombreux !
JW


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